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Un site que l’IA peut lire : ce que cela change au design et à la fabrication

Daniel Hauser
· 4 min de lecture
Un site que l’IA peut lire : ce que cela change au design et à la fabrication

Une page qui paraît pleine dans un navigateur peut arriver vide à la machine. Ce n’est une faute ni de code ni de design. Cela découle de décisions prises au début de la conception, et personne ne les prend avec de mauvaises intentions.

Ce que l’on en sait

En décembre 2024, Vercel et l’agence MERJ ont publié des mesures issues de leur réseau : en un mois, ils ont enregistré 569 millions de requêtes de GPTBot et 370 millions du robot d’Anthropic. Aucun des principaux robots d’IA n’exécutait JavaScript. Ils téléchargeaient bien les scripts, mais télécharger et exécuter ne sont pas la même chose.

L’exception est Googlebot, qui dispose d’un service de rendu et alimente aussi Gemini. Les autres non. Ce sont des données d’un seul réseau, pas une loi, et le comportement des robots peut changer sans annonce. Comme base de décision, cela suffit : ce qui n’est pas dans le HTML venu du serveur n’existe pas pour la plupart des machines.

Quatre décisions qui vident une page

  • Du texte dans une image. Un titre composé dans le graphisme garde la typographie exacte et rend mieux. La machine n’y voit qu’un fichier.
  • Du contenu dans des onglets et des dépliants chargés seulement après un clic. Caractéristiques, composition, livraison. Dans le navigateur, un ordre exemplaire ; dans le HTML du serveur, rien.
  • Du texte qui n’apparaît qu’au défilement. L’animation est un effet, pas une technique, mais elle est le plus souvent construite de sorte qu’un script insère le paragraphe dans la page.
  • Une page bâtie sur la vidéo, où tout le message passe dans la vidéo. En dessous, il reste un titre de deux mots et un bouton.

Aucune de ces quatre choses n’est en soi du mauvais design. Nous en avons conçu trois nous-mêmes et nous les assumons. La différence tient à savoir si le même message existe aussi dans un texte qui vient du serveur.

Un bon site a l’air juste pour une personne et fait sens pour une machine. Ce ne sont pas deux choses opposées, on y pense simplement dans un autre ordre.

Cela ne veut pas dire faire des sites ennuyeux

La réaction habituelle est que le site serait réduit à du texte nu. Ce n’est pas le cas. L’animation, la vidéo et la typographie graphique peuvent rester. Il s’agit d’avoir dessous une couche qui porte le même message en texte simple : le titre, le premier paragraphe, et pour un produit le prix et la disponibilité.

En pratique, c’est une question de plus dans la conception. Partout où une image, une vidéo ou un mouvement porte le message, nous demandons où la même chose est écrite en toutes lettres. S’il n’y a pas de réponse, soit le texte est ajouté, soit nous décidons sciemment que cette page ne compte pas.

Comment le vérifier en une minute

Ouvrez le code source de votre page avec Ctrl+U et cherchez-y une phrase de votre propre contenu. Si elle n’y est pas, la machine ne la voit pas non plus. Plus rapide : la vérification de ce que l’IA voit d’un site. Vous saisissez une adresse et vous voyez combien de mots de la page subsistent sans scripts exécutés, et quelle part en est le menu et le pied de page.

C’est détaillé dans l’article pourquoi une page pleine de texte peut être vide pour l’IA, avec les sources de cette mesure.

Ce qui en découle pour le brief

Quand vous commandez un nouveau site, cela tient en une phrase dans le brief : le contenu qui compte pour nous doit être dans le HTML venu du serveur. Cela sonne technique, mais cela se décide à la conception, pas au codage. Une mise en page fondée sur le dévoilement progressif du contenu sera alors construite autrement, ou recevra une couche de texte à côté.

Sur les sites que nous construisons, c’est l’état par défaut. Le volet technique est assuré par la partie développement de notre groupe ; nous nous occupons de ce qui vient avant : la page porte-t-elle son message en mots, ou seulement en images.

Une belle page qu’une machine lit comme vide n’est pas du travail bien fait. C’est du travail où une question n’a pas été posée.

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